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Communiquer sainement pour maintenir la flamme dans notre couple. Article Pierre Bovo - Vie de couple

Apr 22, 2021

Communiquer sainement pour
maintenir la flamme dans notre couple

Pierre Bovo

Thérapeute Réaliste Émotivo-Rationnel

  1. Nous occuper de notre bonheur individuel pour bien vivre en couple.

Si vous ressentez des émotions fortes et négatives il sera fondamental de vous en occuper.  

C’est comme faire un voyage ensemble, chacun dans notre moto :  pour que le tout se déroule bien, il conviendra que chaque machine soit en bon ordre de marche.  Il en va ainsi pour la vie de couple : il est essentiel que chaque membre du couple soit en forme psychologiquement.  Si ce n’est pas le cas, il s’agira alors pour vous d’aller au « garage psychologique ».  Ceci est tout à fait ordinaire et n’est pas plus honteux que de constater que notre nouvelle auto n’est pas bien ajustée et d’aller chez le concessionnaire la faire mettre en ordre!  

De la même manière que pour une auto, il y a vraiment moyen de mettre notre vie et nos émotions en ordre, de trouver la paix en soi, de reformater notre machine personnelle et notre ordinateur central!  Cet investissement sur soi sera profitable à plusieurs niveaux.  

J’en retirerai du bonheur, de la sécurité intérieure, une diminution très marquée de mon stress et de mon anxiété, une capacité accrue de mordre dans la vie, d’oser, de passer à l’action, de prendre des risques sans risquer de me dévaloriser(!).  L’acceptation réelle et profonde de moi-même me donnera aussi la possibilité d’offrir la même acceptation à ceux qui m’entourent, et qui l’apprécieront grandement...  

Je suis une preuve vivante de ce que le travail sur soi rend possible.

Ce travail sur soi nous amène à mieux nous connaître nous-mêmes ainsi que les autres.  Cette connaissance intime de soi ressemble à une « initiation », à un passage de « connaissances et de sagesse ancestrales » qui nous livrent les secrets de l’âme humaine.  

Et en se connaissant vraiment soi-même, ce sont tous les humains que l’on connaîtra.  Ceci nous donne des clés inestimables, qui nous permettent d’instaurer des communications adaptées, constructives et efficientes avec les autres :  je saurai réellement écouter et comprendre les autres, libéré des interférences que produisaient auparavant mes pensées et mes émotions négatives.  

Les bénéfices de cette mise en forme psychologiques sont innombrables!  Et puisque nous désirons par dessus tout être heureux, il apparaît hautement avantageux d’investir directement dans notre bonheur.

Personnellement, après avoir expérimenté de nombreuses approches, mon choix d’une démarche s’est arrêté sur ce que je nomme souvent la Pensée Réaliste.  Cette approche, déjà présente chez les philosophes grecs et de nombreux penseurs à travers l’histoire, a été substantiellement développée en 1955 par Albert Ellis, psychologue américain, puis présentée à la francophonie par Lucien Auger sous le nom de Psychothérapie Émotivo-Rationnelle.  Je propose personnellement à mes clients et à mes élèves une poursuite des cheminements amorcés par ces fondateurs, auxquels j’ai ajouté plusieurs perspectives et outils originaux, développés au cours de près de trente ans de pratique de thérapie et de formation.  

La Pensée Réaliste 

Voici cette approche présentée TRÈS sommairement.

Nos émotions proviennent de nos façons de penser, de notre manière de voir les choses.  (JE me donne mes émotions :  l’autre ne peut me rendre heureux ou malheureux.  Il peut y contribuer mais en définitive, il n’y a que moi qui puisse faire cela…)

Nos idées irréalistes nous donnent des émotions non adaptées au réel, mésadaptatives souvent négatives et fortes.  D’un autre côté, des pensées réalistes nous procurent des émotions adaptées, adaptatives, habituellement modérées et positives.  

Comme la majorité de nos difficultés proviennent de nos pensées irréalistes, habituellement héritées de notre enfance et de notre jeunesse, faire notre propre thérapie sera donc très simple en principe.  Cela équivaudra 1, à écouter et à devenir conscient de nos pensées, de notre langage intérieur, 2, à y reconnaître les pensées irréalistes et enfin 3, à se défaire de celles-ci par le recadrage réaliste des pensées.  

La restructuration cognitive qui en résultera sera comparable au reformatage que l’on effectue en débarrassant notre ordinateur des virus et infections qui le ralentissent ou le mettent hors service et en le dotant de programmes débuggés et mis à jour : nous fonctionnerons incomparablement plus efficacement à tous les niveaux!

Idées irréalistes à surveiller…

Voici quelques idées irréalistes que l’on aura avantage à voir comme telles et auxquelles il conviendra de ne pas adhérer pour être heureux en couple.

Une idée irréaliste très répandue :  « J’ai besoin de toi, de ton amour.  Je ne peux vivre sans toi. »  

Le « besoin » de l’autre, de son amour…  Ça a l’air beau comme ça…  Ça fait romantique…  Et ça témoigne de l’importance que revêt pour nous cette relation.  Mais ça conduit à la dépendance, à l’anxiété, à la colère, aux difficultés, aux exagérations, aux crises…  

Imaginons comment cette pensée induit immédiatement de l’anxiété puisque ma partenaire peut toujours se brouiller avec moi et ne plus me donner cet amour dont je crois avoir besoin.  Il est toujours possible que son amour pour moi faiblisse.  Ou pire encore, qu’elle s’enflamme malgré elle pour un autre et me quitte, même si elle est aujourd’hui profondément convaincue qu’elle m’aimera toujours plus que tout autre…  

Croire que nous avons besoin de l’amour de l’autre conduit paradoxalement à une détérioration des relations et non à leur épanouissement.  Se sentir anxieux, méfiant jaloux, agressif à l’occasion de l’autre introduit des éléments hautement incompatibles avec la joie de vivre, la communication constructive et l’atteinte de nos objectifs mutuels de bonheur.

À l’occasion d’une mésentente, ces émotions font perdre les pédales et interfèrent avec de saines communications qui nous permettraient de bien nous entendre, d’écouter les émotions, de nous arrêter aux plaintes précises et de procéder à la résolution des conflits à satisfaction mutuelle.

Besoin ou désir?  De l’exigence à la préférence.

Lucien Auger a souvent mis en évidence la distinction « besoin » - « désir ».  (S’aider soi-même, p. 54).  Il nous explique qu’un besoin est essentiel pour atteindre un objectif alors qu’un désir est facultatif.  Confondre un désir avec un besoin est source d’anxiété, de tristesse, de culpabilité, de jalousie, d’agressivité… 

Il semble bien que les pensées : « J’ai besoin de ton amour.  Je ne peux vivre sans toi. » correspondent à une confusion irréaliste entre besoin et désir…  En effet, si j’avais besoin d’elle pour être heureux, tout bonheur me serait impossible sans elle, et pour toujours…  Non vraiment, je n’ai pas BESOIN d’elle pour connaître du bonheur.  Car si le besoin de son amour était réel, sa non satisfaction aurait entraîné mon incapacité d’être heureux auparavant dans ma vie, quand elle ne me connaissait pas encore et donc ne m’aimait pas.  

Mieux vaudra ne pas confondre désir et besoin et plutôt penser que, tout en appréciant grandement l’autre, notre bonheur et nos émotions ne dépendent pas des autres autour de nous mais bien de nos propres conceptions.  Il sera plus réaliste et constructif de penser : « Je t’apprécie beaucoup.  Si tu me quittais, j’aurais de la peine.  Mais je survirais et pourrais trouver du bonheur même si tu n’es pas là pour le partager avec moi. »  C’est moins romantique mais infiniment plus réaliste et pratique!

La fluctuation de l’image de soi

Par ailleurs, la fluctuation de l’image de soi de positive à négative aura des effets néfastes directs et importants sur la vie de couple.  Ce phénomène de valorisation et de dévalorisation est extrêmement fréquent chez les humains et particulièrement dans notre vie de couple.  Penser : « Elle m’aime, cela prouve que je suis intéressant et valable. » sera accompagnée de l’idée : « Et son rejet prouverait que je suis ennuyant et sans valeur… », produisant une anxiété de dévalorisation qui est une cause fondamentale des difficultés de couple.  Il sera immensément utile, pour ne pas dire essentiel, qu’on aille chercher les outils précis qui nous permettront de régler pour une bonne fois la question de l’image de soi!...  Par exemple l’idée : « Ma saveur est à son goût, ou non… »

Cette stabilisation de notre image de nous-même, constante même lors des succès et des échecs sera éminemment utile, non seulement dans le couple mais aussi partout dans notre vie.

Il sera primordial d’assainir nos émotions négatives (ex. : culpabilité, stress, anxiété, dévalorisation, colère, regrets, jalousie, etc.) et nos modes inefficaces de communication (fermeture, repli, refoulement, abandon, revendication, colère, etc.) et d’action (vol, remise à plus tard, jeu, alimentation, toxicomanie et alcoolisme, etc.).

Grâce aux outils psychothérapeutiques, nous traiterons efficacement toutes ces difficultés.

  1. Amour = plaisir. 

Nous aimons par association ce qui nous procure du plaisir et nous ressentons de l’aversion pour ce qui nous semble nous apporter des inconvénients, du déplaisir, de la douleur.  Favoriser la présence du plaisir équivaudra à favoriser la présence des sentiments amoureux. Pour cela, nous pourrons soigner les points suivants.

La qualité de la communication.

La communication, c’est un des points majeurs de la relation.  La beauté est éphémère...  et bien relative à ce que nous ressentons.

La communication constructive permet d’augmenter le plaisir.  Être attentif, réceptif aux émotions de l’autre est très favorable au bien-être dans le couple.

Les indices révélant la bonne entente.  Regards, sourires, voix, gestes, présence, détente, détails dans les réponses, écoute. 

L’expression directe des sentiments.  Ne pas m’exprimer de manière floue et générale.  Nommer précisément de quoi je parle, ce que je désire, ce que j’apprécie ou n’apprécie pas (au lieu de dire que l’autre est « fin » ou « pas fin »…)

Utiliser la Méthode du Bol et de la Perle.

Mettre mon bol (mon point de vue sur la question) entre parenthèses et recevoir celui de l’autre, écouter, comprendre, normaliser, réfléchir, et après, transvider mon bol, répondre.

Autres pistes pour faire augmenter le plaisir… 

Apporter de l’humour, de l’imprévu, de la nouveauté, de l’insolite. 

Faire des compliments sincères, porter attention et nommer ce que nous apprécions.  Les renforcements positifs favorisent :  confiance en ses capacités, bien-être, complicité, reconnaissance, amour.

  1. Régler constructivement les conflits.  

Les conflits sont inévitables à l’intérieur de chaque personne…  Ils le sont encore plus entre deux personnes.  Mais chaque conflit, en étant solutionné de manière satisfaisante, nous permet de faire s’enrichir notre communication et grandir notre relation, ainsi que nous-mêmes.  Et la qualité de cette relation ainsi que l’enrichissement que l’on en retire seront des éléments qui la rendront de plus en plus précieuse à nos yeux, et de plus en plus durable.

Au contraire, les mésententes ou encore la non communication conduisent à une stagnation, à un appauvrissement de la relation et favorisent sa dissolution.

La colère, un iceberg compréhensible qui pourrait s’entendre :  « J’ai un problème, je voudrais le régler, j’ai de la difficulté à en parler.  Je pense sincèrement que tu es responsable de ce qui arrive.  Mais je t’appelle au travers de ma colère. »

Pistes, attitudes, réflexions.

Faire des compartiments.  Identifier le problème, le séparer de la personne, penser en termes de solutions : aller vers ce que j’aimerais plus que vers ce que je n’aime pas.  Me souvenir que chacun agit toujours au meilleur de sa connaissance à partir de ce qu’il n’a pas choisi d’apprendre. 


La résolution constructive des conflits


Point de vue A


Opposition, conflit.


Point de vue B

     

Le pourquoi de cette position.

Les motivations.

Les inconvénients éprouvés.

Les avantages recherchés.

Définir ces points
« avec perles ».


Exploration constructive.

Désir et essai de compréhension mutuelle.


Le pourquoi de cette position.

Les motivations.

Les inconvénients éprouvés.

Les avantages recherchés.

Définir ces points
« avec perles ».

 

Recherche d’une solution à satisfaction mutuelle

 
  1. Demander un changement de comportement avec normalisation..

Bien se souvenir que chacun cherche toujours son bonheur et pense et agit pour le mieux selon lui…

Prendre le soin de recevoir le bol, de comprendre, de reformuler, de normaliser et de faire une pause avant d’exprimer mes points de vue, surtout si divergents ou de faire mes demandes de changement de comportement.

  1. Jouir de la sexualité!…  

La sexualité et la sensualité seront grandement favorisées par une bonne communication.  De plus, ce sont des aspects notre vie qui nous offrent beaucoup de plaisir, de réconfort, de satisfaction.  Il importe de se sentir aussi à l’aise que possible dans cette importante dimension de notre vie et de notre vie de couple.  Ceci nous permettra de nous y épanouir et de laisser libre cours à notre créativité harmonieuse…  Avoir une vision vraiment réaliste de la sexualité nous conduira à nous sentir à l’aise avec celle-ci et de nous sentir libérés sur ce point, plus en mesure de profiter des cadeaux extraordinaires que nous offre la Nature.  

Par ailleurs, les difficultés sexuelles sont très souvent liées aux difficultés que nous rencontrons, aux émotions négatives que nous ressentons.  Les émotions, tant positives que négatives, sont très influentes sur le fonctionnement de notre organisme.  Heureusement, nous pouvons nous libérer des émotions négatives, et ceci de façon très efficace, par un travail clair et progressif sur ces dernières.  L’acquisition des émotions positives redonne la disponibilité et l’entrain nécessaires  au cerveau et à l’organisme pour s’occuper de la bagatelle!   

  1.   Le bonheur en couple est réellement possible!

Comme tout autre domaine d’activités de l’Être Humain, la vie de couple peut devenir un secteur où vous deviendrez de plus en plus habile en allant chercher des connaissances et des habiletés pertinentes.  Une fois mise en forme, la vie de couple est plus simple et nous livre plus ses fleurs et ses fruits que ses épines…

Si vous rencontrez des difficultés et désirez faire des ajustements et soigner la santé de votre couple, il est judicieux d’aller chercher des outils et des ressources.  La consultation individuelle peut aider en ce sens, comme aussi des lectures, ateliers, conférences, etc.

Si l’un des conjoints ne veut pas consulter, il y a moyen de faire autrement pour aider son couple.  Il est possible pour l’autre partenaire de faire une démarche seul(e) puis d’introduire dans sa vie de couple les outils constructifs et aidants qu’il ou elle aura acquis à l’occasion de ces séances individuelles.